Ce qui est certain, c’est que nous pourrons raconter à notre fils plusieurs anecdotes qui ont marqué son
arrivée parmi nous.
Si je dois en choisir une à vous raconter parmi celles ci, je prendrais celle du jour de la sortie.
L’hôpital qui suivait ma femme durant la grossesse était l’hôpital Saint-Antoine à Paris 12ème.
Nous devions donc y aller une fois par mois pour la visite de contrôle, et cela a duré huit mois.
Bien sûr nous y allions en voiture et nous nous garions dans les rues qui jouxtent l’hôpital.
Une fois par mois pendant huit mois.
Après l’accouchement, le jour de la sortie, un mercredi, je me garais comme à mon habitude dans l’une de ces rues la.
Tout allait bien, j’aillais chercher ma femme et mon fils, ma nouvelle petite famille.
Je ne cache pas que j’étais un peu fatigué, j’avais quand même passé quasi deux nuits blanches et la troisième nuit était courte aussi.
J’avais profité de mon court séjour chez moi pour monter le berceau et préparer l’espace du bébé.
Il était 9heures.
Ma femme avait passé trois nuits très rudes, il faisait très chaud dans la semaine du 21 août, et il n’y avait
pas de climatisation.
Si elle avait la lampe du génie pour faire un voeu, son seul souhait aurait été de rentrer chez elle, au frais.
Et rapidement, si possible.
Au lieu de demander de gagner la plus gros somme jamais gagnée à l’Euromillions, pffff…
Vers 10 heures elle me dit qu’il vaudrait mieux que je commence à mettre les affaires dans la voiture.
- « Mais non ne t’inquiète pas, quand on partira, je prendrais tout d’un seul coup! »
bon …
Comme nous voulions remercier l’équipe qui s’était occupée de nous, ma femme m’avait envoyé en mission
recherche de chocolats.
Je suis revenu vers 10h30 avec toutes les boites de chocolat à distribuer.
Le temps que je revienne dans la chambre, je me suis dit qu’elle l’avait vraiment en sa possession, cette fichue lampe vu la vitesse avec laquelle la chambre était rangée et tous les sacs prêts à être embarqués.
Wonderwoman faisait petit bras à côté de ma femme, qui je le rappelle était explosée, extenuée, épuisée.
Bon c’est pas comme si elle avait donné naissance à un petit bébé et passer trois jours dans un four.
- « T’es sûr que tu veux pas aller mettre les affaires dans la voiture »
- « Mais c’est bon j’te dis »
Après la dernière visite de contrôle et les chocolats enfin distribués, je me décidais donc à descendre toutes les affaires, amassées, prêtes à partir.
On aurait dit qu’il y avait des affaires pour 2 semaines de vacances + des bouquets de fleurs. J’étais GENNNRE chargé!
(Tiens je voulais écrire charger comme une mule ou comme un ane, Google pour vérifier que Mulan n’est pas un animal)
Après avoir pris l’ascenceur, je me dirigais donc, tant bien que mal, vers la place ou se trouvait ma voiture.
Où je pensais avoir laissé ma voiture.
Où j’avais garé ma voiture.
.
.
.
Ce qu’il faut savoir, c’est que je possède actuellement une Fiat Punto bleue.
D’un coup, mon coeur s’est mis à battre aussi vite que la coeur de mon bébé à la naissance, à savoir sur un air de techno mode accéléré.
A la place de ma voiture, se trouvait une Peugeot 207 bleue.
A la place où je pensais avoir laissé ma voiture.
Dans ce moment précis, où tu es chargé comme Mulan (ah non), fatigué de tes courtes nuits, tu as faim, tu es seul face à pas ta voiture, plusieurs questions ont traversé mon esprit.
1 – « Tiens, quelqu’un veut me faire cadeau d’une nouvelle voiture, c’est gentil, mais il faut se montrer maintenant les gens »
2 – « Oh bah c’est pas ma voiture, peut être que je ne me suis pas garé la mais dans une autre rue, vu comme je suis fatigué »
3 – je me la suis joué inspecteur Colombo « hum, pas de bris de vitre, pas de traces de pneu, je ne pense pas qu’il y a eu vol. »
4 – « J’aime bien les assiettes grecques du resto d’en face la et j’ai faim »
Je commençais tout doucement à passer en mode panique.
J’ai opté pour l’option 2.
J’ai appelé ma soeur, qui est infirmière dans cet hôpital, pour lui demander de descendre et de faire mine que tout allait bien à ma femme.
Ma soeur arrivait donc, je lui expliquais la situation et lui demandais de garder les affaires le temps que je fasse le tour des rues.
Ladite rue, pas de Punto Bleue.
La rue perpendiculaire, non plus.
La rue parallèle, toujours rien.
Entre temps, ma soeur était rentrée à l’hôpital, et ma femme avait été mise au courant de la situation.
En revenant dans la première rue, je trouvais des pervanches alignant la Peugeot 207 bleue, la fameuse remplaçante de ma voiture.
Après les avoir alpaguées:
- « Bonjour, dites moi madame la pervanche, est ce qu’il est possible que vous retiriez des voitures à cet endroit la ? »
- « oh bah oui hein, ici ce sont des places réservées pour le marché ! Regardez les panneaux »
- « Ouais, mais la, il y a écrit ‘Autres directions’ –> »
- « pas celui la, l’autre au début de la rue ! »
- « ah ookk…. »
Le panneau : « C’est le marché. Interdiction de stationner Mecredi et Samedi de 8h à 16h. »
C’était un Mecredi, je suis arrivé à 9heures.
- « okkkk…. »
Pendant ce temps la, toute la situation avait du être expliquée dans l’enceinte de l’hôpital, mon téléphone sonnait:
- « Ouais bah mes collègues me disent qu’ils retirent rapidement les voitures ici ! »
- « Merci. »
Je rentrais donc à l’hôpital, tout penaud.
Je n’ai pas pris la peine d’expliquer la situation, ma femme l’avait bien compris.
J’ai cru que ces longs cheveux bruns allaient s’élèver vers le haut en prenant une teinte plûtot blonde, que ces yeux allaient virer au bleu, et qu’une aura jaunâtre l’enveloppait de tout son corps en émettant un bruit de ce genre : « jui jui jui jui jui jui jui ».
Je vous ai dit qu’elle était fatigué, exténuée, qu’elle voulait retrouver son chez elle et qu’à côté de ça, elle avait accouché ?
- « KAMEHAME … »
- « Non attends, je vais tout arranger, la voiture a été enlenvée, mais t’inquiète j’men occupe ! »
- « Ouais c’est ça, si t’avais descendu les affaires ou moment ou je te l’ai dit… »
- « … »
- « Tu aurais pu voir largement l’autocollant enlèvement !! »
- « … »
Il était midi.
La suite s’est enchainée rapidement.
J’ai appelé un taxi, me suis dirigé vers la fourrière de Porte de Bercy, demander si ma voiture était la, oui ? non ? oui ?
Oui !
Je la reprenais, m’acquittais de la petite somme de 136 euros pour récupérer MA voiture. Les 35 euros d’amende n’étant pas suffisant.
Je me redirigeais rapidement vers l’hôpital.
Ma femme ne disait mot.
J’ai pris les valises, bouquets et j’ai tout embarqué rapidement dans le coffre.
Une des collègues de me soeur qui dit à un moment donné :
- » Mais pouwkoi tu n’as pas dit à ton fwewe de wentwer sa woiture ? »
- « … »
Lorsque nous sommes arrivés à la maison, tout était installé pour notre fils, il n’avait plus qu’à prendre place dans son berceau.
Il était 13heures.
Nous aurions pu être la à 11 heures.
Ce léger contre temps.
Et ces 171 euros de moins.